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A propos du livre, Le Message de l’Islam, de Alî Muhammad al-Churafaa al-Hamâdî

La Pensée Libératrice,

Ali Muhammad al-Churafaa est à la fois réformiste et réformateur en proposant une voie à suivre pour le monde musulman s’il souhaite vraiment sortir des ténèbres à l’éclat des Lumières et retrouver respect et dignité au milieu des autres nations. Il part d’un sentiment du devoir à accomplir. Sans bâton magique mais avec une conviction profonde de ce qu’il avance, il invite les Arabes à marquer une halte et réfléchir à leur sort inchangé depuis quatorze siècles. L’apparition de groupuscules terroristes au nom de l’Islam ne leur a pas facilité la tache et c’est aux musulmans de se réveiller pour redorer le blason de l’ère première de l’Islam, au moment où il n’y avait ni sectes, ni doctrines, ni partis, mais où tous les fidèles étaient rangés derrière le message de l’Islam, transmis par le prophète -PSSL-.

On a coutume de considérer l’Islam comme une religion belliqueuse et violente. Des concepts comme « fanatisme » ou « guerre sainte », qui sont tous deux étrangers à la terminologie islamique, sont lancés de manière gratuite et sans fondement. Le concept Ğihād encore traduit à tort par « guerre sainte » signifie lutte et/ou effort. En réalité, l’Islam condamne la violence et banni la guerre, comme il est rappelé dans cet ouvrage, Risâlat al-Islâm, le message de l’Islam, du penseur A.M. Al-Churafaa. Comme souvent la violence vient d’autrui, l’Islam prescrit la « juste guerre » pour permettre à la communauté de se défendre, à son jeune âge, contre les attaques des polythéistes, la limitant ainsi à la défense de la cause de Dieu.

Par ailleurs, la communauté musulmane s’est toujours fondé sur trois éléments essentiels : Le Coran, le Ḥadīt et le consensus communautaire. Tiraillé entre le texte révélé, transmis par le prophète, et entre les nécessités de la vie quotidienne, le musulman doit raisonner librement : il est son propre prêtre, son propre pasteur et son propre mufti. Il est cependant important de savoir qu’avec l’évolution de notre monde moderne et avec les crises vécues par le monde musulman, le Ḥadīt et le consensus sont devenus plus source de désaccord que le contraire. L’introduction d’informations inventées, de rumeurs douteuses et d’histoires falsifiées, toutes attribuées au prophète et aux compagnons, al-‘Isrā’īliyyāt, d’une part, et l’émergence de courants religieux, belliqueux et antagonistes, d’autre part, ont amplifié la crise de la communauté musulmane et lui ont beaucoup nui ; et toutes les réformes appelant à un renouveau, particulièrement depuis Ğamāl ad-dīn al-Afġānī (m. 1897), furent avortées. C’est dans ce contexte flou et obscure que le penseur Ali Muhammad al-Churafaa tire la sonnette d’alarme et rappelle à l’ordre ses concitoyens. Il nous propose, donc, d’écarter tout élément de discorde pour ne garder que ce qui fait unanimité auprès des fidèles, Le Coran. Chose qu’aucun musulman ne peut réfuter, si ce n’est qu’à vaincre son égo et prendre la main de l’autre pour édifier, ensemble le projet d’une société idéale, dominée par la paix, le respect, l’entraide et la félicité. Pour lui, le Coran constitue un progrès et c’est ainsi qu’il faut, indéniablement, toujours l’interpréter, dans une perspective évolutionniste et progressive. Car le Coran n’est ni l’œuvre du prophète, ni l’œuvre des exégèses. Il est la parole de Dieu transmise par l’Archange Gabriel à Muḥammad. A penser que la miséricorde de Dieu déborde sur tout l’Univers, le musulman se doit de rendre ses pratiques dévotionnelles bivalentes : un sens religieux et un sens civil. Le côté religieux lui octroie le sens du devoir accompli vis à vis du Seigneur. Le côté civil consiste à adopter la morale issue du texte pour l’appliquer dans son quotidien, en tant que vicaire de Dieu ici-bas.

Il s’agit par-là de responsabiliser chaque concitoyen pour participer au respect de l’œuvre de Dieu et transformer la relation verticale basée sur l’amour, le respect et la bienveillance entre l’Homme et le Seigneur, en une relation horizontale entre les Hommes, et toujours basée sur cet amour, ce respect et cette bienveillance. Seule la parole de Dieu, Kalām Allāh, nous permet de réaliser ce projet universel. Ce miracle de l’Islam qu’est la parole de Dieu, Kalām Allāh, de la racine KLM se retrouve dans les miracles des deux autres religions monothéistes. Moïse avait le miracle d’être l’interlocuteur de Dieu, Kalīm Allāh et Jésus avait le miracle d’être le Verbe de Dieu, Kalimat- Allāh. Ces trois miracles preuves de l’authenticité des trois religions, obéissent à cette même racine KLM.

La pensée de Ali Muhammad al-Churafaa a le privilège de s’inscrire dans le champ universel. Le rappel du retour à la source du Coran fait pendant au principe de l’évolutionnisme historique. Toutes les générations humaines, depuis Adam, en passant par Noé et Abraham, ont pu évolué par une grâce divine ; telle grâce est aujourd’hui préservée dans le Saint Coran que certains veulent remplacer par un référentiel humain dénué de toute grâce et de toute miséricorde.

Enfin, il est à l’honneur de notre penseur de défier la complexification du monde moderne avec l’idée de se concentrer uniquement sur le texte révélé. Car le Coran reste l’unique œuvre qui joint entre les traditions du passé et les perspectives de l’avenir, un compendium de souvenirs et une mine de possibles, un aboutissement et un point de départ.

 

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